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Une nouvelle stratégie de promotion du cinéma belge francophone

05.10.2015 14:03 Il y a : 9 yrs

Dans le cadre de la 30ème édition du Festival international du Film francophone de Namur, Joëlle Milquet, Vice-Présidente du Gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles et Ministre de la Culture, a présenté, ce jour, la nouvelle stratégie de promotion du cinéma belge francophone, en présence de plusieurs professionnels dont Jacques-Henri Bronckart, Stefan de Potter, Diana Elbaum, Joachim Lafosse, Patrick Quinet et Jaco Van Dormael.



" I.    Rappel

Lors du Bilan du Centre du cinéma et de l’audiovisuel (CCA), le 24 mars dernier, la Ministre de la Culture a présenté aux professionnels de nouvelles lignes d’actions pour améliorer la promotion du cinéma belge francophone.

Ces propositions découlaient du constat suivant : si l’un des objectifs des aides à la promotion accordées par la Fédération Wallonie-Bruxelles - le renforcement de l’accessibilité des films - a en partie été atteint, celui de rendre les films vus ne l’a pas été.

Dès lors, un changement de stratégie s’est imposé. Il s’agit de développer des actions complémentaires aux aides à la promotion qui permettraient d’en accroître l’efficacité.

Effectivement, à l’instar de ce qui s’est fait à l’étranger notamment en Israël, le principe de base est de diminuer l’apport financier direct aux producteurs et d’augmenter la part active prise par le Centre du Cinéma de la Fédération Wallonie-Bruxelles dans la promotion des films qu’il soutient avec comme objectif premier de rencontrer un public plus large en Belgique en assurant une visibilité étendue et permanente du cinéma belge francophone. Il faut faire venir nos films vers les gens plutôt que d’attendre que ceux-ci, confrontés à un choix très vaste en matière cinématographique, se tournent vers nos films. Et cette rencontre avec le public, c’est au Centre du cinéma de l’organiser.

Le thème de cette nouvelle stratégie de promotion peut être résumé ainsi : le cinéma belge francophone doit être présent partout et tout le temps. Il doit faire partie de l’environnement quotidien dans lequel vivent nos concitoyens et ne plus être réservé à un public d’initiés composé de ceux qui sont au courant de l’existence des films.

Trois types de mesures ont été initiés:

-    L’actualisation de l’étude sur la perception du cinéma belge francophone qui avait été réalisée en 2009 ;
-    La réforme des dispositifs existants (aides à la promotion, primes au réinvestissement, Commission de Sélection des Films) ;
-    Une nouvelle stratégie de promotion qui sera coordonnée par le Centre du Cinéma.


II.    Etude sur la perception du cinéma belge francophone

Comme elle l’avait annoncé en mars dernier, la Ministre a commandé à la société Dedicated Research, une actualisation de la première étude réalisée en 2009, sur « l’image du cinéma belge francophone ».

En voici le résumé :

1.    Les habitudes de fréquentation du cinéma

•              45% de la population francophone se rend au cinéma au moins une fois par an. Cette proportion est en légère baisse par rapport à 2009: à l’époque, une fréquentation au moins occasionnelle de 49% avait été mesurée. Cette variation est significative.
La proportion de « heavy users » (se rendent au cinéma plus de 8 fois par an) est par contre en augmentation relative par rapport à 2009 : 40% des personnes se rendant au moins occasionnellement au cinéma y vont plus de 8 fois par an (elles étaient 35% en 2009). En nombre absolu, compte tenu de la baisse de fréquentation globale, les « gros consommateurs de cinéma » sont même en légère hausse : sur base d’une population 15-75 ans estimée à 1.820.000 individus, il y aurait les populations suivantes :

                                                       2009                2015
–      au moins occasionnels         892.000             819.000
–      « heavy users »                 312.000             327.000

•      87% vont habituellement en groupe au cinéma ; cette proportion était de 94% en 2009. Légère augmentation donc des personnes qui consomment habituellement seules le cinéma.

•      La fidélité (au complexe de) cinéma est en hausse : 67% se rendent habituellement dans le même ensemble (60% en 2009) ; les complexes de cinéma fréquentés (en nombre de salles) sont un peu plus petits (40% vont dans des complexes de plus de 10 salles) ; c’était le cas de 49% des consommateurs de cinéma en 2009.

•              22% des consommateurs de cinéma disposent d’une forme d’abonnement ; c’est le cas de 37% des « heavy users ».

        
2.    Les critères de choix d’un film

•              La nationalité d’un film ne constitue toujours pas un critère de choix important d’un film :

-    en assisté (les modalités de réponse étaient suggérées), à peine 6% ont mentionné la nationalité du film. Cette proportion était de 1% en 2009 (mais il s’agissait à l’époque de réponses spontanées) ;
-    ce critère est à peine plus important pour les « gros consommateurs de cinéma » : 9% dans cette population pour 5% dans la population des consommateurs au moins occasionnels.

•      Dans les critères de choix ou d’influence, le poids des sites internet est en fulgurante augmentation (20% en 2009 pour 52% en 2015). Il en va de même pour l’influence des critiques et des émissions spéciales dont l’influence progresse fortement sur les 6 dernières années (important : le changement de méthode [téléphone à internet] peut avoir partiellement influencé ces évolutions) :

-    les sites internet particulièrement consultés sont « Allocine.com » (49%) : Kinepolis.be (49%) et « Cinenews.be » (22%) ;
-    les rubriques cinéma des radios sont plus dispersées : Bel RTL 27%, Radio Contact 26%, La Première 23%, Vivacité 21%, …
-    en presse écrite, l’influence de Ciné Télé Revue grimpe fortement (de 22% à 35%) et celle du Soir baisse significativement (de 31% à 24%) ;
-    en Tv, la rubrique cinéma de RTL-TVI grimpe de 20% à 41%, celle de la RTBF est stable (41% à 38%) mais pour cette chaîne apparaissent « Tellement Ciné » (23%) et « Ça tourne » (évolue de 7% à 20%). L’influence des chaînes françaises (TF1 particulièrement) se renforce également.


3.    Les freins à aller davantage au cinéma

•      Les principaux freins à aller au cinéma sont :

-    surtout et de très loin le prix : raison invoquée par 57% (!) des répondants, pour ainsi dire toutes classes d’âge confondues ;
-    suit le manque de temps (24%) ;
-    les horaires difficiles sont d’une manière ou d’une autre (travail, enfants…) invoqués par 17% des répondants ;
-    puis l’attitude irrespectueuse des « voisins de salle » (19%... 1% en 2009) ;
-    et le téléchargement (10%... 0% en 2009).

4.    La connaissance du cinéma belge

•              Le cinéma belge francophone reste surtout identifié par ses réalisateurs (78%) et ses acteurs (87%), bien plus que par ses films (68%) :

Réalisateurs, réponses spontanées                2009        2015

-    Les frères Dardenne                           59%         52%
-    Bouli Lanners                                     7%          17%
-    Jaco Van Dormael                              11%         11%
-    Jacques Vermeire                               3%           0%
-    Benoît Mariage                                   3%           5%
-    Yolande Moreau                                 2%           5%   
-    Aucun                                              28%          22%

Acteurs, réponses spontanées       

-    Benoît Poelvoorde                              61%          51%
-    François Damiens                               1%          27%
-    Cécile de France                                 29%          24%
-    Émilie Dequenne                                18%          17%
-    Marie Gillain                                      10%          16%
-    Bouli Lanners                                     5%           11%
-    Yolande Moreau                                 7%           10%
-    Jérémie Renier                                  10%         8%
-    Aucun                                              14%          13%

Films, réponses spontanées
        
-    C’est arrivé près de chez vous              23%          24%
-    Rosetta                                              28%          20%
-    Dikkenek                                            5%           15%
-    Deux jours, une nuit                                            9%
-    Le gamin au vélo                                  -              9%
-    L’enfant                                             15%          7%
-    Toto le héros                                                      7%
-    Le huitième jour                                 10%          6%
-    Aucun                                               32%          32%

•              La connaissance du cinéma belge francophone a assez peu évolué en 6 ans :

-    faible augmentation de la notoriété des réalisateurs qui reste très concentrée sur les Frères Dardenne. Seul Bouli Lanners a depuis 2009 développé sa notoriété de réalisateur ;
-    la notoriété spontanée des acteurs s’est sensiblement étoffée : Benoît Poelvoorde perd un peu en présence à l’esprit, mais dans le même temps, François Damiens acquiert une notoriété importante (de 1 à 27%) et Marie Gillain comme Bouli Lanners renforcent significativement la leur. Statu quo pour les autres « stars » belges francophones ;
-    la notoriété spontanée des films belges francophones (ou plutôt de films présumés être belges francophones) ne progresse pour ainsi dire pas. Elle reste focalisée sur les « deux grands classiques ».

5.    L’attractivité et la fréquentation du cinéma belge francophone

•   L’évocation du cinéma belge francophone suscite majoritairement        des sentiments majoritairement positifs, mais ce sentiment positif est en légère baisse par rapport à 2009 (époque à laquelle nous avions testé « le cinéma belge », sans préciser « francophone ») ;

                                                                       2009         2015
-       « très positifs » ou « positifs »                      58%        51%
-       « ni positifs, ni négatifs »                             44%         37%
-       « négatifs » ou « très négatifs »                     6%         9%
-       sans avis                                                     7%         5%

Une baisse de sensibilité positive qui est significative mais…

•      … qui ne se traduit pas dans l’attractivité (= « le savoir incite à aller voir un film ») :
2009    2015
-    « certainement » ou « probablement »          43%          48%
-    « sans influence »                                       24%          35%
-    influence négative                                       20%          11%
-    ne suivent pas l’actu du cinéma belge (fr)      22%          3%

•              Six films belges francophones ont été vus par plus de 15% des       « gros consommateurs de cinéma » (au cinéma) :

-    Deux jours une nuit                    29%  (71%)
-    Les rayures du zèbre                  28%  (56%)
-    Ernest et Célestine                      18%  (56%)
-    Pas son genre                            17%  (61%)
-    Henri                                        15%  (69%)       
-    Au nom du fils                           15%  (63%)

Les scores d’évaluation moyenne de l’ensemble des films belges vus sont bons : 7.1/10 pour la cinquantaine de films testés (« Top score » : Ernest et Célestine : 8.3).

6.    L’image du cinéma belge francophone

•      Les qualités reconnues au cinéma belge francophone :

    des films intéressants :
-    sensibilisent à des problématiques spécifiques         37%
-    qui interpellent                                                     37%
-    ont de la profondeur                                            26%
-    font passer des messages                                   21%
-    pas commerciaux                                               16%

    un style particulier, proche :
-    humour décalé                           42%
-    orignaux                                   20%
-    thématiques originales                15%
-    drôles                                         7%

    des films bien faits / de qualité :
-    bons acteurs/actrices                                         26%
-    bien réalisés avec des moyens financiers limités     24%
-    bons scénarios                                                  18%
-    bien réalisés                                                     17%
-    bonne mise en scène                                          13%
-    bonnes critiques de spécialistes                            8%

•              Les faiblesses/reproches adressés au cinéma belge francophone sont fort peu nombreuses :

    le caractère social « sombre » :
-    trop souvent sociaux                   8%
-    souvent dans le même style         5%
-    films sinistres/sombres                5%
-    déprimants                                 4%
-    trop sérieux                                4%



    la notion de moyens précaires :
-     « petits moyens »                             8%
-    acteurs/actrices peu connus                4%
-    réalisateurs/réalisatrices peu connus     3%
-    réalisateurs/réalisatrices médiocres       1%

    … et c’est tout

7.    Les actions susceptibles d’induire une plus grande consommation du cinéma belge francophone

•              L’accueil largement favorable de la plupart des suggestions d’actions proposées aux répondants révèle l’intérêt du public (« heavy users ») à ce que le cinéma belge francophone soit davantage mis en exergue.

•      Trois suggestions recueillent plus de 70% d’adhésion :

-       davantage de bandes annonces dans les salles ;
-       offre (via les médias) de places gratuites pour les avant-premières ;
-       mise en place d’opérations « films à prix réduits » ;
-       davantage de commentaires dans les médias (bien que le public averti considère majoritairement que les chaînes de télévision francophones diffusent suffisamment de films francophones).

•              La création d’un label spécifique a reçu un accueil plus nuancé, bien qu’une majorité de « heavy users » y soient favorables.

8.    Les capsules vidéos « Cinevox »

•              45% ont déjà remarqué au moins une capsule (38% des « cinémas occasionnels » mais 53% des « heavy users »).

•      Pour ceux qui ont déjà remarqué au moins une capsule :

-       70% (réponses assistées) admettent qu’elles font la promotion du cinéma belge (belge 42%, spécifiquement francophone 28%) ;
-       ces reportages sont globalement bien appréciés (positifs 68%, négatifs 21%, sans avis 11%).

•              36% de l’ensemble des répondants déclarent qu’avoir une ou des capsules Cinevox les ont incités à aller voir un film (peu de différences entre « occasionnels » et « avertis ») : 19% « un seul film » et 17% « plusieurs films ».


9.    Les Magritte du Cinéma

•              Ce prix jouit d’une très bonne notoriété (assistée), 75% des répondants (échantillon total) disent en avoir entendu parler (81 des « heavy users ») ;

•      56% se souviennent des caractéristiques de la dernière cérémonie (7 février, acteurs/actrices belges, « Deux jours et une nuit » des frères Dardenne…). C’est le cas de 63% des « heavy users » ;

•      25% ont d’une manière ou d’une autre suivi l’évènement dans les médias (14% les comptes rendus de la presse) ;

•      Le caractère incitatif est cependant assez faible :
-       8% déclarent que cela les a incités à aller voir au moins un film belge ;
-               et 6% (pour ainsi dire tous compris dans les 8% qui ont été voir un film belge) un film belge (identifié comme étant) francophone.


III.    Une réforme des dispositifs existants


La stratégie de promotion a été pensée pour être complémentaire à d’autres actions mises en place pour améliorer la promotion et la diffusion des films et renforcer les liens entre le cinéma belge francophone et son public :

1.    La réforme des aides à la promotion

Evaluation du système actuel

Un nouveau système d’aide à la promotion des longs métrages a été mis en place en novembre 2013. Après deux ans de fonctionnement, certaines faiblesses sont apparues :

-    l’apport de l’aide en conseils de spécialiste ne satisfait ni les professionnels, ni l’administration ;
-    le système d’aide n’est pas adapté aux spécificités de l’exploitation en salles des documentaires ;
-    le volet d’aide vers les professionnels est relativement peu demandé et, quand il l’est, c’est souvent détourné de son objectif premier, pour couvrir un supplément de frais de sortie en salles ;
-    en moyenne, les films défendus par un distributeur réalisent nettement plus de spectateurs que ceux sortis directement par le producteur, or dans le système d’aide, tout le soutien va au producteur.
La réforme

Le Centre du Cinéma propose d’adapter les aides pour :

-    passer d’un système d’aide identique pour tous les films à un système qui prend mieux en compte la spécificité des différents types de films produits et leurs besoins en termes de diffusion ;
-    valoriser le rôle des distributeurs à la fois en majorant l’aide quand un distributeur est impliqué dans la diffusion d’un film, et en versant l’aide directement au distributeur ;
-    créer une nouvelle aide plus adaptée à la diffusion des documentaires, basée sur une exigence moins importante en terme de nombre de séances, et encourageant l’organisation d’événements autour des présentations des films.

Ces propositions sont en cours de concertation avec les associations professionnelles.

2.    La réforme des primes au réinvestissement

Le principe

Sur base des résultats d’exploitation des films belges en salles en Belgique, la Fédération Wallonie-Bruxelles réserve un montant d’aide au bénéfice du producteur, à réinvestir dans un autre film belge.

La réforme

Le Centre du Cinéma propose d’adapter les aides pour :

-    valoriser la diffusion des documentaires ;
-    baser le système sur le nombre d’entrées et plus le box-office (plus juste car un spectateur est un spectateur, qu’il ait payé sa place 1 euro ou 10 euros) ;
-    élargir le champ d’application des primes en prenant en compte des projections organisées dans les lieux reconnus par la FWB (musées, bibliothèques, centres culturels,…) en plus des cinémas traditionnels ;
-    tenir mieux compte des autres modes de diffusion (télévision, VOD, DVD,…) ;
-    favoriser le réinvestissement dans les films majoritaires belges francophones.

Ces propositions sont en cours de concertation avec les associations professionnelles.



3.    La réforme de la Commission de sélection des films

En concertation avec les professionnels, il a été décidé de modifier le fonctionnement interne de la Commission de sélection des films afin de mieux prendre en compte les publics auxquels les films soutenus sont destinés :

-    plus grande diversification des membres de la CSF (vers des profils liés à la diffusion tels que vendeurs, distributeurs, professionnels ayant une expérience en télévision) ;
-    demande d’une meilleure prise en compte du public auquel le film est destiné, même si celui-ci est de niche ;
-    organisation de réunions annuelles où les films soutenus par la CSF durant l’année sont discutés par les membres, avec les producteurs et réalisateurs des films soutenus pour mieux comprendre ce qu’est devenu le film entre son soutien à la CSF et son arrivée sur le marché des salles et des festivals.


IV.    Une nouvelle stratégie de promotion coordonnée par le Centre du Cinéma



1.    Organisation d’événements de promotion vers le grand public

-    Organisation d’avant-premières pour les leaders d’opinion

L’objectif est de réunir régulièrement un groupe de privilégiés afin de leur faire découvrir en avant-première les nouveaux films belges plusieurs semaines avant leur sortie officielle. Les 60 invités sont choisis car ils disposent d’un réseau important dans leur secteur d’activité (monde académique, des médias, de l’entreprise, stylistes, bloggeurs, artistes plasticiens, chanteurs, cuisiniers, sportifs…) et peuvent aisément actionner le bouche à oreille autour de ces films.

Jusqu’à présent, deux avant-premières ont eu lieu, avec succès tant au niveau des invités qu’au niveau des producteurs/réalisateurs mis en valeur. En juin, le film « Le Tout Nouveau Testament » de Jaco Van Dormael a été présenté, en septembre ce fut « Préjudice » d’Antoine Cuypers. La prochaine soirée mettra à l’honneur « Les chevaliers blancs » de Joachim Lafosse.


-    Organisation de séances spéciales dans les villes « sans cinéma »

L’objectif est de permettre au grand public de découvrir - soit en avant-première soit au moment de la sortie - un film belge francophone dans une salle de proximité (centre culturel ou salle indépendante) afin de lui donner l’occasion d’actionner le bouche-à-oreille et de vivre un instant privilégié. C’est également un moyen de valoriser ces lieux alternatifs de diffusion qui jouent un rôle important dans la carrière des films. Le réalisateur ou les acteurs seront à chaque fois présents pour renforcer l’aspect événementiel de la soirée.

Ces projections concernent les mêmes films que ceux proposés aux leaders d’opinion. Ainsi, Jaco Van Dormael a présenté lui-même son film le 4 septembre au Centre culturel de Gembloux et le 25 septembre au Ciné Centre de Rixensart. Ces séances ont affiché complet !

Pour « Préjudice », Antoine Cuypers sera présent les :

-    Vendredi 9 octobre au Ciné Patria à Virton
-    Lundi 12 octobre au Cinéma Les Variétés à Waremme
-    Mardi 13 octobre au Cinéma Le Parc à Charleroi
-    Jeudi 15 octobre au Ciné Gedinne à Namur

En « année pleine », il est proposé de mener cette action pour 6 films (avec 5 avant-premières par film).

-    Organisation d’un « évènement cinéma belge » dans la foulée de la cérémonie des Magritte

Afin de capitaliser sur la notoriété de la cérémonie des Magritte (selon l’étude, 75 % des Belges francophones en ont déjà entendu parler), l’objectif est de mettre en place, peu de temps après la cérémonie, une opération de ressortie des films lauréats à destination du grand public.

L'opération se concentrera sur l'ensemble des films majoritaires du palmarès (en ce compris les catégories techniques), ce qui représentait, les années précédentes, une moyenne de 8 films/an.

Deux options sont à l’étude pour les modalités de l’opération : soit un événement qui se déroulerait aux mêmes dates dans les différents lieux partenaires, soit une « caravane des Magritte » qui permettrait d’étaler les séances dans le temps.

L'objectif sera d'organiser ces projections en présence de talents chaque fois que ce sera possible, ou couplées à d'autres types "d'événements" à imaginer avec les lieux concernés.

Cet évènement sera organisé par l’Académie André Delvaux, en partenariat avec un opérateur du secteur.

Une tarification spéciale sera proposée aux exploitants, pour répondre au premier frein exprimé dans l’étude de Dedicated Research.

2.    Présence dans les médias

-    Partenariat avec la presse écrite et audiovisuelle

Afin d’assurer une meilleure visibilité des films dans les médias, un partenariat stratégique sera établi avec la presse papier et numérique.

L’objectif est d’assurer une présence constante et récurrente du cinéma belge francophone dans leurs pages papier et sites sous la forme à la fois d’articles de fond sur l’actualité, les tournages, les comédiens et de publicités sur les films. En lien avec les résultats de l’étude, la promotion presse devra s’axer non seulement sur les films (ce qui se fait déjà) mais aussi sur les artistes : comédiens, réalisateurs, techniciens, cadres afin de leur donner la visibilité qui leur fait défaut.

Le partenariat nécessitera un lien permanent avec le Centre du Cinéma pour fournir des informations allant au-delà des informations classiques déjà fournies par la presse (ex : info sur les tournages, scoops sur les futurs rôles, etc…). Ce partenariat comprendra aussi la prise d’espaces de publicité dans des rubriques autres que les pages culture, et devrait s’étendre également sur les différents médias papier et web du groupe.

Pour répondre à une des conclusions de l’étude de Dedicated Research concernant des actions susceptibles d’induire une plus grande consommation du cinéma belge francophone, des places de cinéma seront également offertes par ce canal.

Un marché public sera très prochainement lancé pour que cette action puisse être lancée début 2016.

Par ailleurs un accord relatif à la promotion du cinéma belge sera conclu pour 2016 avec la RTBF.

-    Meilleure visibilité à nos films dans les salles de cinéma

En raison du coût demandé, il demeure très difficile à nos films d’avoir accès à l’espace de diffusion des bandes annonces qui est prévu juste avant le film projeté.

Si le Centre du Cinéma prend en charge lui-même cet espace et ce, pour toute une année, cela pourra certainement se faire à prix très concurrentiel. Cet espace sera dès lors mis à disposition des producteurs et distributeurs pour que soient diffusées leurs bandes annonces juste avant les films art et essai projetés dans les cinémas de la Fédération Wallonie-Bruxelles.


Outre ses effets directs en terme de visibilité, cela permettrait également de professionnaliser les sorties de nos films et d’inciter nos producteurs à préparer en amont leurs bandes annonces. Par ailleurs, des formations à la réalisation de bandes annonces seront proposées.

Un marché public sera très prochainement lancé pour que cette action puisse être lancée début 2016.

-    « Envahir » le web et les réseaux sociaux

L’étude a montré que dans les critères de choix d’un film ou d’influence, le poids des sites internet est en fulgurante augmentation (20% en 2009 pour 52% en 2015).

Dès lors, outre le partenariat classique avec la presse et une présence accrue sur les sites d’actualité cinématographique liés à ces groupes de presse, une action de promotion intensive sur le web et les réseaux sociaux sera lancée, qu’il s’agisse de promotion des films ou des artistes.  

Les modalités de cette opération sont en cours de discussion. Soit un contrat sera passé avec une société spécialisée dans ce genre de marketing, soit le Centre du Cinéma procédera à un engagement de personnel.

3.    Budget

Le budget global actuel dévolu à l’aide à la promotion des films est le suivant : 1.100.000 € actuellement attribués directement aux producteurs et distributeurs pour la sortie de leurs films + 80.000 € de budget du CCA pour des activités de promotion diverses (1M180).

En 2016 : 800.000 euros seront alloués directement aux distributeurs pour la sortie de leurs films et 500.000 € seront gérés par le CCA pour des activités de promotion diverses : (1M300).


V.    Une nouvelle stratégie de diffusion en chantier

Lors du Bilan du Cinéma, la Ministre avait également fait des propositions concernant une nouvelle stratégie de diffusion de nos films. Ces propositions sont en cours de concrétisation et feront l’objet d’annonces prochaines. Voici d’ores et déjà quelques précisions :

1.    Actions vers le public scolaire

Des actions seront menées en concertation avec la coupole « Culture-Ecole » qui vient d’être lancée dans le cadre de « Bouger les Lignes ». Toutefois, le travail s’oriente de la manière suivante :

-    Cinéastes en classe

L’objectif est de permettre aux professeurs de l’enseignement secondaire et supérieur d’inviter et d’accueillir le temps d’un cours (1 heure) en classe un cinéaste belge francophone dont le film aura été préalablement vu et travaillé par les étudiants dans le cadre du programme pédagogique. Cette action s’inspire du modèle d’« Ecrivains en classe », initiative proposée avec succès depuis plus d’une quinzaine d’années par le Service Général des Lettres et du Livre et qui permet chaque année à une soixantaine d’écrivains de rencontrer des élèves dans un réseau de près de 150 écoles de la Fédération Wallonie-Bruxelles.

Cette action s’ajouterait au Prix des Lycéens du Cinéma, initiative de la Cellule Culture-Enseignement organisée avec le soutien du Service général de l'Audiovisuel et des Multimédias, et viendrait en quelque sorte palier son absence quand une année sur deux celui-ci est dédié à la Littérature.

-    Mettre à profit le temps libre à l’école pour découvrir le cinéma belge

L’objectif est d’éveiller la curiosité au cinéma et former notre audience future en proposant aux élèves des activités cinéma à l’occasion des temps libres telles que les garderies, les jours blancs, et autres moments s’inscrivant dans le temps des horaires de l’école mais sans pour autant.

Un coffret, physique ou numérique, contenant des films belges sera mis à la disposition des établissements scolaires de la Fédération Wallonie-Bruxelles qui en feraient la demande. Il s’agira de films de différentes durées abordant différents genres (long-métrage de fiction, documentaire, court-métrage, animation,…) et s’adressant à des élèves allant du primaire au secondaire supérieur.

Les films disposeront tous d’une fiche pédagogique et pourront également être utilisés par les enseignants dans le cadre de leurs cours.  
La disponibilité d’une valise telle que celle-ci encouragerait très certainement les enseignants et les éducateurs à proposer des films autres que les traditionnelles grandes productions hollywoodiennes comme cela se fait souvent lors des garderies ou d’autres activités scolaires non purement éducatives.

Enfin, des collaborations sur ce projet devraient également être menées avec des opérateurs qui développent depuis peu de leurs côtés des actions similaires telles que « La Regarderie » par PointCulture et la Cinémathèque et « Éduquer au cinéma pour mieux vivre et agir ensemble » par le Conseil Supérieur de l’Education aux Médias.  

-    Redynamiser les ciné-clubs  

L’objectif est de renouer le contact avec les réseaux des ciné-clubs scolaires en ce compris les écoles supérieures et les universités afin d’une part de les informer de l’existence de nos catalogues de films, tant anciens que récents, et d’autre part, de les aider à organiser leurs projections en leur facilitant l’accès aux copies et la mise en relation avec les équipes des films.

Une collaboration sur ce projet avec un opérateur tel que le Service de Culture Cinématographique de la Cinémathèque Royale (Cinematek) permettrait de démarrer cette opération avec l’assurance de toucher rapidement un réseau d’enseignants motivés et passionnés par le cinéma en général et le cinéma belge en particulier.

2.    Un soutien aux structures de promotion/diffusion
Une réflexion sera menée prochainement afin d’examiner la possibilité de soutenir structurellement, via la Commission d’Aide aux Opérateurs, des structures qui font un important travail de promotion et de diffusion des films belges francophones qui ne sont pas repris dans le catalogue des distributeurs « classiques ».

Par ailleurs, un financement spécifique sera accordé à la « Quadrature du cercle » pour soutenir les centres culturels et les ciné-clubs à diffuser le cinéma belge et à acquérir le matériel nécessaire."

Contacts Presse :
Geoffroy KENSIER
Tel. 02 801 78 95 | 0478 59 41 51 | geoffroy.kensier@gov.cfwb.be



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