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La Fête de Saint-Mard : danses, musiques, messes et Maître Jeune Homme

Depuis février 2021, la Fête de Saint-Mard est classée comme chef d’œuvre du patrimoine oral et immatériel de la Fédération Wallonie-Bruxelles.

Organisée tous les ans, autour du quatrième dimanche du mois d’août, la Grande Fête de Saint-Mard est un rassemblement festif dont la spécificité réside d’une part sur la pratique collective de danses traditionnelles sur des musiques jouées par une harmonie et d’autre part sur des échanges de discours entre le « Maître Jeune Homme » et le bourgmestre. La danse la plus connue qui donne son identité et sa cohésion sociale aux Saint-Mardois est la « Troïka de Saint-Mard ».

Un pas de polka vers la gauche, un pas de polka vers la droite, un talonné du pied gauche puis, en pivotant d’un quart de tour vers la droite, un talonné du pied droit... Chaque année,  des dizaines d’enfants, d’adolescents et de « moins jeunes » se retrouvent au pied du kiosque de Saint-Mard pour exécuter cette danse traditionnelle dont l’origine remonte au milieu du XIXe siècle.

La Grande Fête de Saint-Mard dure six jours, ponctuée par plusieurs bals, concerts et cortèges, un feu  d’artifice, des compétitions sportives, une exposition d’artistes et une présence continue de manèges et attractions foraines.

Le mardi constitue le point culminant des festivités. Il est nommé  « Fête de Jeunesse » car ce sont les jeunes du village qui mènent une grande partie de la journée, soutenus par la musique jouée par la Philharmonie.

Jusqu’à la guerre 1940-1945, la tradition du mardi était appelée « Messe de Jeunesse » car les participants à la farandole qui sillonnait les rues du village, dès huit heures du matin, s’arrêtaient un long moment à l’église paroissiale dédiée à saint Médard, pour se recueillir lors d’une messe payée par l’organisation de Jeunesse qui rassemblait alors tous les jeunes gens célibataires sous la responsabilité du plus âgé d’entre eux, le Maître jeune homme. La Messe existe toujours même si elle est un peu moins suivie et le Maître jeune homme change chaque année. Il est  désigné parmi ses pairs ou sur candidature spontanée, en étant obligatoirement Saint-Mardois(e). Cela peut donc être une femme.... Son rôle est primordial car cette personne mène l’ensemble des « cérémonies » tout au long de la journée du mardi. A l’issue de la messe, la chaîne des danseurs a gardé l’habitude de reconduire le prêtre de l’église à son domicile. Là, le Maître jeune homme prononce un petit discours, entrecoupé de passages en gaumais, auquel répond le prêtre, en souhaitant bonne fête à ceux qui l’ont escorté. Dans son discours, le Maître jeune homme en profite souvent pour égratigner avec humour la politique locale et passer en revue l’actualité avec dérision. C’est un moment toujours très attendu ! Ensuite, la farandole, particulièrement animée, rejoint la Grand-Place et s’engouffre dans le parc communal où les musiciens, installés sur le kiosque, vont enchaîner les danses : troïka, quadrille mais aussi polkas, valses, scottishs et ce, durant plusieurs heures.

La tenue de danse actuelle − sarrau bleu et lavallière pour les garçons, jupe rouge, chemisier blanc et corsage noir pour les filles − date de 1956. Avant cette date, les documents photographiques le prouvent, jeunes et moins jeunes suivaient simplement la mode de leur temps. Le costume aujourd’hui participe en tout cas à l’attachement identitaire de la population à sa fête.

A Saint-Mard, ne dit-on pas que « la Messe de Jeunesse tient une telle place dans le cœur des Saint-Mardois que, chaque année, ils vivent 182 jours dans son souvenir et 182 jours dans l’attente de la suivante » ?

Par la diversité de ses expressions (danses, musiques, fêtes, pratiques artisanales, utilisation de langue endogène), la « Fête de Jeunesse » de Saint-Mard offre un exemple riche du patrimoine culturel vivant de la Fédération Wallonie-Bruxelles. La communauté formée par ceux qui organisent et participent à la fête démontre un ancrage local important, un souci d’y intégrer le plus grand nombre et une volonté de pérenniser l’élément, notamment en tissant des liens intergénérationnels.

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