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7 nouvelles œuvres remarquables reconnues comme Trésors par la Fédération Wallonie-Bruxelles 2020

Plusieurs œuvres historiques majeures viennent d'être reconnues comme Trésors par la Fédération Wallonie-Bruxelles. Cette reconnaissance permet de mettre en valeur ces fleurons de notre patrimoine artistique et culturel mais surtout de mieux les protéger, d’aider à la restauration ou d’empêcher qu’elles soient vendues à l’étranger.  

Le décret du 11 juillet 2002 permet de classer comme Trésor les biens qui présentent un intérêt notable pour la Fédération Wallonie-Bruxelles. Dans ce cadre, plusieurs œuvres dont la qualité artistique, la rareté ou les liens avec l’histoire ne sont plus à démontrer, sont davantage valorisées grâce à ce classement. 

Au cours des mois de mai et juin 2020, la Ministre de la Culture, Bénédicte Linard a classé sept œuvres très variées issues du patrimoine culturel mobilier de la FWB.

Les deux premiers biens classés sont des peintures conservées au Musée des Beaux-Arts et de la Céramique de Verviers.

Le premier est le tableau intitulé Crucifixion réalisé par Jean-Guillaume Carlier vers 1668. Cet artiste liégeois a traité de manière originale un thème fréquent à travers l'histoire de la peinture.

L'atmosphère morbide de cette œuvre est renforcée par une économe distribution des valeurs chromatiques.

Cette peinture, considérée comme une des plus fortes du XVIIe siècle liégeois, est à l’origine d’une anachronique résurgence du caravagisme à cette époque.

Musée des Beaux-Arts et de la Céramique, Verviers, Classement le 18 mai 2020. Crucifixion, Jean-Guillaume Carlier © Photo Musées de Verviers - Jacques Spitz

Le deuxième bien classé est un tableau d’Hendrick Goltzius intitulé Apamè usurpe la couronne du roi ou Les Quatre Pouvoirs, daté de 1614. Contrairement à l’œuvre précédente, il s’agit ici d’un thème rarissime en peinture inspiré d’un passage non canonique de l’Ancien Testament.

Cette peinture occupe une place exceptionnelle dans le catalogue du peintre, non seulement par sa grande qualité d’exécution mais aussi par son iconographie absolument unique, mêlant à un épisode biblique très rarement représenté des éléments d’ordre personnel.

Il s’agit de la seule œuvre conservée en Belgique d’Hendrick Goltzius, considéré généralement comme le plus grand peintre maniériste hollandais.

Musée des Beaux-Arts et de la Céramique, Verviers, Classement le 5 juin 2020. Apamè usurpe la couronne du roi ou Les Quatre Pouvoirs, Hendrick Goltzius © Photo Musées de Verviers - Jacques Spitz

L’Aigle-lutrin conservé depuis son origine dans l’Eglise Saint-Martin de Chièvres est le troisième bien classé.

Datant de 1484, il se distingue de la majorité des aigles-lutrins conservés en Hainaut par sa très probable origine brugeoise. Contrairement aux aigles tournaisiens, qui se tiennent généralement la tête bien droite, celui de Chièvres se caractérise par une position de la tête inusitée, rabattue sur la poitrine.

Ses qualités artistiques, son état de conservation, son histoire et sa singularité esthétique, technique et typologique par rapport aux aigles-lutrins issus des ateliers tournaisiens en font une œuvre remarquable.

Eglise Saint-Martin, Chièvres, Classement le 5 juin 2020. Aigle-lutrin.© IRPA-KIK, Bruxelles

Une Pendule squelette réalisée par l’horloger Hubert Sarton en 1784 et conservée au Château de Jehay a également été classée.

Elle fait partie d’une série de petits régulateurs de table squelettes d’époque Louis XVI à platine en forme de « trou de serrure » réalisés dès le début des années 1780 et dont elle est la variante connue la plus aboutie.

Présentant un décor rare à symboles maçonniques et un socle de style Louis XVI, elle est la seule pendule de ce type à appartenir à une collection publique.

Hubert Sarton, son concepteur, occupe une place importante, non seulement dans l’histoire générale des techniques horlogères, mais aussi dans l’histoire du patrimoine scientifique et artistique liégeois.

Château de Jehay, Classement le 5 juin 2020. Pendule squelette de Sarton. © Gilles Destexhe Province de Liège

Le bien classé suivant est un ensemble de huit fresques provenant de la Villa Boscoréale, dite « de Publius Fannius Synisto », ensevelie par l’irruption du Vésuve en l’an 79 après J-C.

Ces fresques ont été acquises par Raoul Warocqué lors d’une vente publique en 1903.

La partie la plus célèbre de cet ensemble est La magnifique représentation architecturale en trompe l’oeil (inv. B.96). D’une grande qualité d’exécution et de conception, elle représente une grande composition architecturale imaginaire.

Préservées de manière exceptionnelle, ces fresques constituent un témoignage précieux de l’art pictural caractéristique de la fin de l’époque républicaine et sont donc exemplatives de la nature, du style, des motifs iconographiques qui pouvaient orner les demeures d’une partie privilégiée de la population de cette époque.

Ces œuvres constituent, à ce jour, le plus important ensemble de fresques pompéiennes conservées en Europe en dehors de l’Italie.

Musée royal de Mariemont, Classement le 3 juin 2020. Huit fresques, Villa Boscoréale dite « de Publius Fannius Synisto » © Musée royal de Mariemont

L’avant-dernier bien classé est le Fusil d’infanterie hollandaise perdu sur le champ de bataille de Fontenoy le 11 mai 1745 dans le contexte de la guerre de Succession d’Autriche.

Cette arme peut être considérée non seulement comme une relique d’une des batailles les plus célèbres de l’histoire de France, sinon même de l’Europe, mais aussi comme rarissime exemple subsistant de l’armement de l’armée hollandaise durant cette guerre.

Elle est également témoin de la production armurière liégeoise au milieu du XVIIIe siècle. La provenance et la rareté de ce fusil ont été validées par des autorités incontestables en la matière et cette arme est désormais connue à l’international dans la littérature spécialisée.

Musée d’Histoire militaire, Tournai, Classement le 3 juin 2020. Fusil d’infanterie hollandaise perdu sur le champ de bataille de Fontenoy le 11 mai 1745 © Musée d'Histoire militaire, Tournai

Le dernier bien classé, très original, est un ensemble de 4 objets de Théodore Schwann relatifs aux appareils respiratoires.

Il s’agit d’appareils aérogènes permettant de vivre dans un milieu irrespirable destinés principalement aux sauvetages miniers. Ils ont été créés par le scientifique Théodore Schwann durant la 2ème moitié du XIXe siècle.

Ces prototypes originaux et uniques reflètent la qualité, l’ingéniosité, la compétence, l’expertise scientifique de ce savant physiologiste.

La conception novatrice des appareils « Schwann » a permis une avancée spectaculaire et unique menant aux appareils utilisés aujourd’hui et surtout d’aider dans le sauvetage de nombreux mineurs.

Musée de la Mine, Blegny-Mine, Classement le 3 juin 2020. Ensemble de 4 objets de Théodore Schwann relatifs aux appareils respiratoires © Blegny-Mine

 

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