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"Rendez-vous à Bray" d'André Delvaux



"Rendez-vous à Bray" signe un tournant dans le cinéma belge. En effet, alors que les films de chez nous n’étaient vus que par les cinéphiles, André Delvaux conquiert les salles avec ce long métrage original et poétique qu'il affectionnera particulièrement tout au long de sa vie.




André Delvaux, le cinéaste passionné qui cofonda l'Insas

Ses premiers pas dans le cinéma, André Delvaux les fait en tant qu’accompagnateur au piano de films muets à "L’Écran du séminaire des Arts" devenu le "Musée du cinéma de Bruxelles". Il y exerce ses talents pendant 7 ans.

En 1958, il se tourne vers l’enseignement du néerlandais mais n’abandonne pas la caméra pour autant : il fonde une classe de cinéma au sein de l’école et réalise parallèlement plusieurs courts métrages.

En 1962, il cofonde L’Institut national supérieur des arts du spectacle et des techniques de diffusion (Insas) avec par Raymond Ravar, Jean Brismée et Paul Anrieu. En créant cette nouvelle école, les 4 cofondateurs poursuivent un objectif de professionnalisation du cinéma belge qui ne peut s'acquérir que par une formation de pointe aux différents métiers techniques et artistiques.


"Rendez-vous à Bray"

Si d'aucuns considèrent que c’est « L’Homme au crâne rasé", premier long métrage d’André Delvaux, qui a fait entrer le cinéma belge dans la modernité et "Un soir, un train" qui a confirmé cette position, "Rendez-vous à Bray" est, selon son auteur lui-même, à voir comme un tournant dans sa carrière. Il sera d’ailleurs le premier film du réalisateur à sortir en DVD selon ses propres volontés.

Le "réalisme magique" dans lequel s’inscrit l’ensemble de son œuvre prend un autre sens avec ce long métrage qui a valu à André Delvaux le Prix Louis Delluc en 1971. Le jeu esthétique et spirituel, doublé d’une interrogation métaphysique, donne une atmosphère inquiétante et étrange à la réalité. Une approche artistique qui se retrouve dans l'ensemble des films du cinéaste. Mais avec "Rendez-vous à Bray", il va plus loin encore, offrant une tonalité plus intime et une construction plus proche des formes musicales que des formes narratives. "Une respiration qui est celle de la musique" comme il le notait en parlant du film.

Le spectateur, dès le premier plan qui s'ouvre sur le regard rêveur de Julien, sait qu'il va suivre son point de vue et osciller entre les remémorations d'un passé revécu dans le désordre à l'aide de nombreux flash-backs. Cette narration engendre deux lectures, l’une simple (il suffit de se laisser aller), l’autre plus formelle amenant le spectateur à reconstruire un puzzle et à revoir le film. Ces deux lectures permettent à chaque spectateur de s’y retrouver et a apprécié ce film audacieux d’étrangetés.

"Rendez-vous à Bray", c’est l’histoire tirée d’une nouvelle de Julien Gracq, "Le Roi Cophetua" (recueil "La Presqu'île"). Alors que gronde la Première Guerre mondiale, Julien (Mathieu Carrière), un jeune pianiste luxembourgeois, est invité par son ami Jacques à passer le weekend dans sa villa à Bray. Mais en arrivant, Jacques (Roger Van Hool) n'est pas là et c’est une jeune servante mystérieuse (Anna Karina) qui l’attend. Julien, intrigué par la jeune femme, plonge alors dans ses souvenirs d’avant-guerre. C’est dans cette attente de son ami qui ne viendra pas et de cette servante avec qui il passera la nuit que le weekend de Julien se déroulera… jusqu’au lendemain, lorsqu’il se retrouvera sur le quai de la gare. Etant plus indécis que jamais, Julien hésite entre rester à Bray ou repartir et met en doute réalité de ces deux journées si étranges. Les réponses sont laissées à l’imagination du spectateur.

Après "Rendez-vous à Bray", André Delvaux continuera à nous livrer des films aux frontières entre le réel et l’irréel de par la narration et les images ressemblant à des tableaux de ces musées que le réalisateur adorait fréquenter. "Belle" en 1973, "Femme entre chien et loup" en 1979, "Benvenuta" en 1983 et "L’œuvre au Noir" en 1988 resteront à jamais dans les œuvres majeures du cinéma belge.

André Delvaux a été consacré « Doctor honoris causa de l'ULB,, Officier de l'Ordre de la Couronne et a été élevé au rang de baron en 1996. Il a alors choisi comme devise "Unus Ego Multi in Me" ("Je suis un et beaucoup sont en moi"). Il nous quittera en 2002 suite à une crise cardiaque.


"Rendez-vous à Bray" est un film de la sélection 50/50
André Delvaux sur Cinergie.be




     

     

     

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