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Lire en langues régionales, des classiques ou des créations récentes

© Noir Dessin Production

"Lès Pindants dès Castafiore", "On è pitroléy sur la lune", "Martine à l’cinse", "Li P’tit Prince"… Des titres qui sonnent à la fois familiers et inhabituels. Des ouvrages connus, dans des langues qui le sont moins. Il s’agit en fait d’adaptations dans diverses langues régionales endogènes de textes bien connus ; ici respectivement en wallon d’Ottignies, en gaumais, en picard et en wallon de Liège.

Il existe plusieurs succès de librairie traduits dans les différentes langues de Wallonie et de Bruxelles. Et pour en parler, impossible de ne pas évoquer un célèbre reporter : Tintin. Bruno Delmotte, membre du Conseil des Langues régionales endogènes en tant qu’expert du picard tournaisien, traducteur de plusieurs ouvrages dans cette langue et tintinophile, nous a raconté comment le célèbre héros à la houppette s’était mis à parler picard.

1980 : Tintin se met au picard

En 1980, la maison d’édition tournaisienne Casterman fête ses 200 ans. A cette occasion, une adaptation en picard des "Bijoux de la Castafiore" est écrite par Lucien Jardez, président du cabaret wallon de Tournai de l’époque et diffusée planche par planche dans la presse régionale. En 1981, l’album "Les Pinderleots de l’Castafiore" est édité à 10 000 exemplaires. Vu le succès mitigé des versions en breton et en basque, Casterman pense alors qu’il s’agira d’une exception et que les premiers tirages s’écouleront doucement. En réalité, ceux-ci sont épuisés en quelques jours et un deuxième tirage est directement programmé.

Depuis les années 2000, plusieurs traductions en langues régionales de Wallonie et de Bruxelles ont rejoint chez l’éditeur les titres en alsacien, catalan, québécois… "Les Bijoux de la Castafiore" existe par exemple en pas moins de huit versions en langues régionales belges. De son côté, Bruno Delmotte a traduit en picard le diptyque "Le Trésor de Rackham le rouge" et "Le Secret de la Licorne" ("El’ Trésor du Rouche Rackham" et "El’ Sécrét d’la Licorne") et s’est vu confier la mission d’adapter "Le Crabe aux Pinces d’Or" ("El Crape as Pinches d’Or") en picard de Hollain (village de l’entité de Brunehaut, dans le Tournaisis), le parler régional qu’il tient de sa nounou. Il a par ailleurs donné l’accent picard à d’autres figures emblématiques de Casterman telles que le Chat de Philippe Geluck dans "El’ Cat i-ést contint" ("Le Chat est content") ou la jeune Martine dans "Martine à l’cinse" ("Martine à la ferme").

Picard de la ville, picard rural

Pour la jeune héroïne, Bruno Delmotte précise : « Martine est une "bourgeoise", elle ne parle pas picard. Il n’y avait donc qu’un seul album plausible : le premier, celui à la ferme. De cette façon, elle rencontre les fermiers qui parlent leur langue régionale et on en profite pour utiliser les noms des animaux. » Dans le même ordre d’idée, le traducteur précise que le Capitaine Haddock emploie un parler régional plus rural que les autres personnages qui parlent un "tournaisien de la ville".

Adaptations et créations

D’autres textes connus ont également été traduits et édités en plusieurs langues régionales. La maison d’édition allemande Tintenfaß en a d’ailleurs fait sa spécialité. Dans son catalogue, on retrouve plusieurs versions du "Petit Prince" d’Antoine de Saint-Exupéry, de "Max und Moritz" de Wilhelm Busch, un classique de la littérature de jeunesse allemande ou encore de "The night before Christmas".

Ces adaptations en langues régionales sont un bon moyen de promouvoir les langues régionales et de garantir la pérennité du patrimoine culturel dont elles sont l’expression, missions du Service des Langues régionales endogènes de la Fédération Wallonie-Bruxelles. C’est pourquoi ce dernier soutient non seulement l’édition sur et en langues régionales endogènes mais aussi la création.

Pour lire en langues régionales, il n’y a donc pas que les adaptations de textes écrits en langues officielles. En effet, plusieurs ouvrages écrits en langues régionales ont été soutenus par la FWB, y-compris des ouvrages pour la jeunesse. Ainsi, chaque année, en collaboration avec le Service de la Littérature de Jeunesse, le Service des Langues régionales organise un concours auxquels sont invitées à participer des équipes comprenant un-e illustrateur-trice et un-e auteur-e dans une langue régionale de la Fédération Wallonie-Bruxelles. C’est ainsi qu’ont vu le jour les titres de la collection "Les Bab’lutes". Ces derniers étant édités dans des versions bilingues, nul besoin d’être un expert de sa langue régionale pour profiter de l’histoire… et des illustrations bien entendu.

Service des langues régionales endogènes : www.languesregionales.cfwb.be
Casterman : www.casterman.com
Tintenfaß : www.verlag-tintenfass.de
Noir Dessin Production : www.noirdessin.be

 

 

Les Grands Arbres, un livre bilingue, écrit par Sarah V., illustré par Stibane et traduit par Bruno Delmotte

Les Bab’lutes

2009 : "Les mots du Pépère de Félicien", de Daniel Barbez (auteur) et Maxime Berger (illustrateur)
2011 : "Jean et Jeanne", de Chantal Denis (auteure) et Stibane (illustrateur)
2012 : "Les Grands Arbres" de Sarah V. (auteure) et Stibane (illustrateur), Noir Dessin Production


     

     

     

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