Portail officiel de la culture en fédération Wallonie-Bruxelles

favorisimprimerenvoyer

Contact

Cultureculture.be

"Home sweet home" ou "La révolte du home" de Benoît Lamy

En 1973, Benoît Lamy décide d’aborder un sujet peu traité: ce que nos aînés ressentent dans les maisons de retraite. A partir de cette thématique, il décide de réaliser un film dans une veine belge tant au niveau du lieu (il choisit Bruxelles) que dans le caractère transgressif de son œuvre. C’est ainsi que naît "Home sweet home", également connu sous les titres "La révolte du home" et "La Fête à Jules".

Bien plus qu’un film, c’est une mutinerie racontée avec beaucoup d’humour et dans esprit clairvoyant et guerroyant. Une jeune et jolie infirmière réveille avec autorité les pensionnaires d'une maison de retraite bruxelloise. L'autorité est le mal dont souffrent tous les vieux qui vivent là, seuls ou abandonnés. La discipline qu'exige la directrice ressemble souvent à une tyrannie ouatée, à laquelle se heurte le gentil assistant social très vite remercié pour prendre trop à cœur les problèmes de ses protégés. Ce licenciement va provoquer la révolte. Les pensionnaires optent pour la désobéissance, puis ils choisissent l’évasion et la réappropriation de biens dans les grands magasins, avant de passer à une émeute en bonne et due forme. 

"Home sweet home" évoque toutes techniques de lutte contre l’oppression, violentes et non violentes, que prônaient alors les jeunes de l'époque. On est en 1973 et la société est portée par le courant contestataire post-soixante-huitard. D’ailleurs, Benoît Lamy lui-même a envie de "faire péter les coutures d’une société trop corsetée". A la différence près que le jeunisme l’accable et qu’il prend le parti de faire des gentils papys et mamys de véritables insoumis.

A cette idée, il ajoute une manière de filmer (principalement caméra à l’épaule) et un ton humoristique et bienveillant.

Il entoure Claude Jade et Jacques Perri, les acteurs-phares du film, de protagonistes inexpérimentés ayant la belgitude qu'il faut. Utiliser des acteurs "de la rue" était alors inédit. Cette distribution mélangée au sens de l’observation du réalisateur en fait un film populaire mais non populiste. Le public ne s’y est pas trompé et le film devient rapidement un immense succès dans les salles et en festivals (il décrochera 14 prix internationaux).

Ce ton original, Benoît Lamy l’intégrera ensuite dans "Jambon d’Ardenne" (1977) où Annie Girardot et son restaurant-hôtel mènent une guerre impitoyable avec les autres établissements de la ville.

On lui doit aussi "La vie est belle" (1987) et "Combat de fauves" (1997). Il interviendra aussi en tant que producteur pour "Hors la vie" de Maroun Bagdadi (1991) et "Un été à La Goulette" de Férid Boughedir (1996). Deux projets étaient dans ses cartons, l’un sur Stanley au Congo et l’autre sur son ami Noël Godin, avant de décéder tragiquement en 2008. Il laisse derrière lui une emprunte cinématographique majeure et des oeuvres qui, aujourd’hui encore, se regardent sans modération.

Benoît Lamy sur cinergie.be 

Film projeté dans le cadre de l'opération 50/50: www.50cinquante.be

Interview de Benoit Lamy et Claude Jade + extraits du film ("Midi trente" 7 janvier 1974)


     

     

     

ABC des démarches

Vous êtes...

Focus Culture - Faits et tendances