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Le Théâtre national, labo de créations

© Sylvain Piraux

Depuis juin, le comédien et metteur en scène de 33 ans Fabrice Murgia a pris les rênes du théâtre.


La première scène francophone du pays prône plus que jamais la modernité.


Avec son partenaire flamand le KVS, le Théâtre national occupe le quartier de la place De Brouckère, dans le centre de Bruxelles. L’institution est fondée le 19 septembre 1945 par l’acteur et metteur en scène Jacques Huisman, qui laissera son nom à l’une des trois salles.


En juin dernier, Jean-Louis Colinet aux commandes depuis 11 ans, laissait sa place de directeur au trentenaire Fabrice Murgia. Le comédien et metteur en scène a vu sa carrière décoller il y a sept ans grâce, notamment, à sa pièce Le chagrin des ogres, présentée au Théâtre national. Il se retrouve aujourd’hui à la tête d’une équipe de 73 personnes et souhaite poursuivre le travail de son prédécesseur sur la mise en avant de la création. « Le Théâtre national est le théâtre qui a les ateliers costumes et décors les plus importants. C’est un théâtre assez grand d’envergure et de taille, qui a donc besoin de beaucoup de gens pour encadrer les artistes. C’est un moyen pour les metteurs en scène et metteuses en scène de passer le cap du grand plateau à dimension européenne. On s’inscrit dans une dimension internationale via les tournées d’artistes et notre présence sur les scènes étrangères. »


Ouverture à l’extérieur et engagement, ces deux thèmes principaux ont forgé l’identité de cette scène ces dernières années. Il n’y a que le Théâtre national pour faire naître Money, un spectacle de Françoise Bloch sur les dérives financières des banques, Ceux que j’ai rencontrés ne m’ont peut-être pas vu du Nimis groupe avec des comédiens sans papiers sur scène ou Discours à la nation d’Ascanio Celestini joué par David Murgia. Des pièces récompensées en Belgique et hors des frontières.


«C’est un théâtre qui n’a pas peur d’aller brasser dans la dimension sociale et politique, justifie Fabrice Murgia. Les spectacles et les artistes jettent un regard fort sur le monde. Cela se traduit aussi dans l’occupation des espaces publics. Nous avons en ce moment une exposition du photographe Gaël Turine. Il y a quelques semaines, on recevait le Festival des libertés dans nos locaux. Ce festival n’est pas là par hasard. On se retrouve très fort dans la programmation. On est plutôt sur le témoignage de l’humain, une photographie du monde contemporain, des inégalités, plutôt que dans le message politique vindicatif. »
Suivant cette logique, l’institution a tissé des liens avec les universités, le milieu associatif dont les associations Bruxelles laïque, organisatrice du Festival des libertés, et Amnesty international. En ce qui concerne les autres opérateurs culturels de la ville, la collaboration avec son voisin flamand le KVS permet d’intégrer à chaque saison des créations flamandes sous le label Toernee General.
La Monnaie coproduit certains spectacles et Fabrice Murgia, adepte du style opéra, veut inciter les metteurs en scène à intégrer la musique live dans leur pièce. « On s’entend bien avec Peter de Caluwe (NDLR, le directeur de la Monnaie) et on cherche à créer une triangulation avec le KVS et la Monnaie pour faciliter le parcours du public. »


« On cherche à créer une triangulation avec le KVS et la Monnaie pour faciliter le parcours du public» FABRICE MURGIA


Même si le nouveau directeur n’a pas encore annoncé ses projets – cette saison-ci a été programmée par son prédécesseur –, il promet déjà de mettre en avant le théâtre de la Fédération Wallonie-Bruxelles.
Comment ? En inventant un festival qui rassemble les succès publics de la communauté. « C’est un défaut belge francophone de ne pas être fier de ses talents. Sans chauvinisme ni régionalisme, il faut être capable dans une Europe comme celle-ci de mettre nos particularités en miroir avec celles des autres afin de créer de la richesse et de la diversité. » Le Théâtre national entend bien être la vitrine de la multiculturalité et du cosmopolitisme belge.

© Rossel&Cie SA - Le Soir (FLAVIE GAUTHIER), Bruxelles, 7 décembre 2016

 

 


     

     

     

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