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7 œuvres remarquables reconnues comme Trésors par la Fédération Wallonie-Bruxelles

20.12.2019 08:33 Il y a : 60 days

Plusieurs œuvres historiques majeures viennent d'être reconnues comme Trésors par la Fédération Wallonie-Bruxelles. Cette reconnaissance permet de mettre en valeur ces fleurons de notre patrimoine artistique et culturel.


Le décret du 11 juillet 2002 permet de classer comme Trésor les biens qui présentent un intérêt notable pour la Fédération Wallonie-Bruxelles. Dans ce cadre, plusieurs œuvres dont la qualité esthétique, la rareté ou les liens avec l’histoire ne sont plus à démontrer, sont davantage valorisées grâce à ce classement.
 
En cette fin d’année 2019, la Ministre de la Culture, Bénédicte Linard a classé plusieurs Trésors issus du patrimoine culturel mobilier de la FWB couvrant plus de 2000 ans d’histoire et touchant différentes régions de notre territoire.
 
Le premier bien classé est l’hémisphère nautique inventé par
Michel Coignet, mathématicien et constructeur d’instruments scientifiques pour les archiducs Albert et Isabelle, au début du XVIIe siècle. Cet instrument, conservé au Grand Séminaire de Tournai, constitue un exceptionnel et unique vestige du prototype de Coignet. Présentant une grande qualité de conception et d’exécution, cet hémisphère témoigne des recherches effectuées durant les Temps modernes pour la détermination de l’heure en vue du calcul des longitudes en mer.
Grand Séminaire de Tournai. Classement le 25 octobre 2019
Photo 
Hémisphère nautique ©IRPA-KIK, Bruxelles

 
Deux pièces viennent d’être classées au Musée du verre de Charleroi.
Datant de la
fin du Ier siècle ACN au début du Ier siècle PCN, le petit balsamaire en verre reticelli a été produit avec la technique du reticelli, caractérisée ici par un enroulement en spirale de plusieurs tiges incolores filigranées de deux filets blancs opaques torsadés. Il est le seul verre reticelli à forme fermée qui soit connu à ce jour au monde. Sa technique de fabrication, typiquement hellénistique, est inédite pour un verre daté formellement du début de l’empire romain.
Photo Balsamaire en verre reticelli, © Musée du verre de Charleroi

L’autre pièce classée est une coupe sur pied de Venise ou « façon de Venise » qui se caractérise par une coupe en cristal pur reposant sur un pied
évasé, ourlé vers l’extérieur. Cette composition est la plus complexe parmi les décorations en filigranes. La pureté du cristallo et la finesse du décor pousseraient à considérer davantage cette pièce comme étant issue de la production vénitienne. Datant de la fin du XVIe siècle, la pièce conservée au Musée du Verre de Charleroi est la seule de ce type qui soit connue et exposée en Belgique.
Photo Coupe sur pied de Venise ou « façon de Venise » ©IRPA-KIK, Bruxelles
Musée du verre de Charleroi. Classements le 20 novembre 2019

Le bien suivant fut longtemps ignoré des spécialistes suite à une datation erronée. Le Tympan de l’ancienne chapelle des bouchers est aujourd’hui considéré comme un vestige important du patrimoine mosan roman. Les tympans sculptés sont en effet rare dans la sculpture mosane de cette époque.
Celui-ci représente la Vierge à l’Enfant, entourée d’anges thuriféraires. Son iconographie et son style permettent de dater cette œuvre du début du XIIIe siècle
.
La présence d’une polychromie ancienne assez bien conservée est à souligner.
Son ancienneté, son état de conservation et sa place unique au sein du patrimoine médiéval mosan en font un bien exceptionnel.
Musée archéologique de Namur (en travaux). Classement le 29 novembre 2019.
Photo Tympan de l’ancienne chapelle des bouchers © SAN, Namur

Œuvre du Maître de Waha, le retable sculpté et polychromé de Belvaux-sur-Lesse, de style gothique, devait siéger sur le maître-autel de la petite chapelle de ce village.
Le principal intérêt de ce retable réside dans l’adéquation parfaite qui existe entre la qualité du retable et ses dimensions et la région, le public et les dimensions de l’église à laquelle il était destiné. Il copie, dans un format réduit et au travers d’un style rural propre, les grands modèles anversois à l’honneur au début du XVIe siècle.
Il s’agit d’une pièce exceptionnelle et unique en son genre qui témoigne de la production d’un atelier issu du milieu rural mais ayant une parfaite connaissance des canons en vigueur à l’époque. Les caractéristiques stylistiques particulières témoignent du souci de l’artiste de toucher les fidèles et de leur permettre de s’approprier, voire de s’identifier, aux scènes représentées. L’état de conservation exceptionnel des sculptures et de la polychromie est également à souligner du fait de la rareté des polychromies originelles conservées pour le début du XVIe siècle.
Musée provincial des Arts Anciens du Namurois (TreM.a). Classement le 5 décembre 2019.
Photo Retable de Belvaux ©IRPA-KIK, Bruxelles

Un autre bien classé important est le Grand masque de Blicquy, découvert lors des fouilles du vaste sanctuaire d’époque romaine implanté au lieu-dit « Ville d’Anderlecht » (Leuze-en-Hainaut) en 2003.
Ce masque, réalisé en alliage cuivreux, représente un visage très typé d’un homme
glabre. Le style est peu conventionnel par comparaison avec les canons classiques de l’antiquité gréco-romaine et est probablement inspiré par l’esthétique celte.
Par son état de conservation remarquable, son style et son association chronologique à un contexte romain précoce pour le moins original et exclusivement dédié aux pratiques rituelles, le masque de Blicquy constitue un exemple étonnant et rare de syncrétisme celto-romain. Aussi témoigne-t-il d’une nouvelle identité culturelle en phase avec la romanisation de nos régions dès le début du Haut Empire, établissant un double lien avec l’histoire et l’histoire de l’art.
Archéosite d’Aubechies-Beloeil. Classement le 10 décembre 2019.
Photo Grand masque de Blicquy  ©Archéosite d’Aubechies Beloeil
 

Le dernier bien classé, et non des moindres car il s’agit d’une première, est le fonds de 104 planches originales de bandes dessinées conservées à Liège.
Constitué de manière réfléchie entre 1977 et 1979, à l’initiative de Jean-Maurice Dehousse, alors Ministre de la Culture de la Communauté française, ces planches sont très représentatives de l’âge d’or  de la bande dessinée belge des années d’après-guerre jusqu’à la fin des années 1970.
La grande diversité des auteurs connus, Hergé, Franquin, Peyo, Morris, Jacobs, etc., associée à une sélection rigoureuse de planches de grande qualité de conception et d’exécution, permet à cette collection, mais si elle est d’ampleur réduite, de tenir dignement la comparaison avec des grands fonds internationaux que sont ceux par exemple, la cité de la bande dessinée d’Angoulême.
Le fait que ce soit une collection publique au sein d’un musée connu, mais également car qu’elle soit représentative et diversifiée, la distingue des collections privées et des fonds consacrés à un auteur particulier.
Nul doute que ce classement sera le point de départ d’une nouvelle aventure pour le neuvième art dans la ville de Liège.
Musée des Beaux-Arts de Liège (La Boverie). Classement le 10 décembre 2019.

Les photos des Trésors

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